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martedì 19 luglio 2005

Fallaci, le Dieu Bon et le Dieu infanticide


Evidemment, nous nous attendions à l'article de Fallaci sur les attentats de Londres. Il était en effet impossibile qu'elle nous épargne une énième philippique raciste et xénophobe. Sur la requête du Corriere, désormais spécialisé dans ce type d'activité éditoriale, elle a publié comme d'habitude un long article qui reprend les mêmes concepts qu'elle répète – c'est elle qui le dit – depuis quatre ans: “Guerre-à-l'Occident, Culte-de-la-mort, Suicide-de-l'Europe, Réveille-toi-Italie-Réveille-toi”. Evidemment, le tout est assaisonné de la négation de l'existence d'un Islam modéré, décrit comme une “fraude” et de la dénigration de musulmans coupables de professer un crédo “barbare”. Cette fois-ci, Fallaci va plus loin et traite le judaisme et l'islam de religions infanticides, comparant le Dieu “barbare” et “sanguinaire” des musulmans et des juifs, pour lesquels “le bon Abraham, fin d'obéir à Dieu, était prêt à égorger son enfant comme un agneau” au “Dieu ère, Dieu bon, Dieu affectueux qui prêche l'amour et le pardon” du christianisme. Et pourtant, c'est justement au nom de ce Dieu Bon que les juifs et leurs synagogues ont été jetés aux flammes, et les chrétiens orthodoxes et les musulmans ont été passés au fil de l'épée pendant les Croisades. C'est justement au nom de ce Dieu Bon qu'on a justifié l'esclavage et l'extermination d'entières populations indigènes. C'est justement au nom de ce Dieu Bon que les médecins pratiquant l'avortement sont abattus devant leurs cliniques aux USA. C'est justement au nom de ce Dieu Bon que les enfants armés de l'Uganda tuent et éventrent pour construire un Etat érigé sur les Dix commandements. C'est justement au nom de ce Dieu Bon, et avec des rosaires accrochés aux canons, que des villes comme Falluja sont assiégées et rasées au sol. [...] Les attentats de Londres n'ont pas tant démontré l'échec de la société multi-ethnique que celui des stratégies adoptées par les pays hôtes pour affronter l'extrêmisme meurtrier. Ils ont démontré qu'en Europe aussi, d'entières classes sociales d'émigrés qui auraient dû ranimer et revitaliser les sociétés qui les hébergent, vivent dans des conditions réelles comparables à celles du Tiers Monde, dans l'indifférence totale de ceux qui gaspillent les deniers publiques en finançant des spectacles inutiles et des journaux xénophobes. Il est inutile de demander sans cesse aux musulmans résidant en Occident de condamner, ou même de s'exprimer sur n'importe quel argument, si on met en doute ensuite leur bonne foi: leurs condannations du terrorisme vont de soi, comme celles de tout autre citoyen occidental, ou de tout autre être humain digne de ce nom. Le fait que trois-quatre-dix-cent terroristes – et même s'ils étaient cent mille ou cent millions – aient choisi la violence armée pour faire valoir leurs raisons politiques, ne doit pas nous induire à traiter de terroristes le reste du milliard et plus d'autres persones, “coupables” de professer – ou de ne pas professer – le même crédo de ceux qui ont choisi de se faire exploser pour “racheter” dans l'au-delà une vie terrestre misérable et tourmentée, rendue encore plus misérable et tourmentée par les guerres “libératrices”, par les bombes “umanitaires” et par les campagnes de haine de la presse. Et c'est justement pour cela qu'il est inutile de faire taire et d'accuser hystériquement d'“apologie du terrorisme” ou de “connivence avec l'ennemi” les personnes qui veulent en revanche simplement dépasser la condamnation et analyser les motivations et les objectifs de ceux qui ont choisi de se tuer en tuant: de telles considérations pourraient s'avérer vitales pour vaincre définitivement le terrorisme. La réponse au terrorisme n'est pas de continuer à vivre sa vie comme si de rien n'était, ainsi que les médias nous le demandent, parce que nos vies ne pourront plus jamais redevenir celles d'avant: aujourd'hui, tous ont un peu peur et la vie ne sera plus la même, surtout celle de qui a perdu un parent ou un ami cher dans les attentats qui ont ensanglanté sans cesse notre planète ces dernières années. La réponse au terrorisme n'est pas d'entonner sans cesse "Nous vaincrons", dans une bataille dont l'issue est tout sauf connue, et qui risque au contraire de dégénérer et de déclencher des guerres mondiales et des guerres civiles. La réponse au terrorisme, c'est de continuer à vivre, mais en réfléchissant sur les causes de ces tragédies, et en parvenant inévitablement à la conclusion que la réponse au terrorisme peut seulement être une plus forte intégration, plus de respect envers tous, et – surtout – moins de généralisations. Nous ne devons pas tomber dans le piège tendu par Fallaci et ses semblables, par les lobbies qui veulent nous faire croire qu'au monde, il n'y a que ceux qui sont “avec nous” et ceux qui sont “contre nous”: Il n'y a qu'un seul monde, et il appartient à tous. Engageons-nous donc, tous ensemble, pour vaincre tout type de terrorisme, y compris le terrorisme littéraire, qui cherche à nous entraîner dans un cercle de violence où seuls quelques uns – protégés par leurs voitures blindées et leurs gardes du corps – ont à gagner et beaucoup, au contraire, ont à perdere.
Traduction de Claude Almansi. Le texte italien complet se trouve sur http://salamelik.blogspot.com/2005/07/fallaci-il-dio-buono-e-il-dio.html. L'article d'Oriana Fallaci se trouve sur http://eddyburg.it/article/articleview/3101/0/153/ La version en anglais est içi.